Pâques orthodoxe : L’espérance au coeur des interventions des patriarches Bartholomée et Kirill

Dans le contexte si particulier de confinement imposé par la pandémie de coronavirus, les Patriarches Bartholomée et Kirill ont parlé d’espérance et de foi aux fidèles orthodoxes.

Le Patriarche de Constantinople et le Patriarche de Moscou ont célébré ce week-end la Pâques orthodoxe. Chacun a pu apporter un message fort d’espérance aux fidèles en cette période angoissante de pandémie.

C’est dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou que Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie a officié pour ce service de Pâques, suivi à distance par les chrétiens confinés. Dans ce lieu, les chants liturgiques interprétés par le choeur patriarcal et le choeur de la chambre des la cathédrale ont résonné.

Le feu sacré a été apporté de Jérusalem au primat de l’Église orthodoxe russe. Kirill, le chef du Patriarcat de Moscou a profité de cet instant pour rappeler le « symbole vivant d’une connexion inébranlable avec le lieu où le Christ est ressuscité ».

« Le feu sacré du Saint-Sépulcre a été apporté de Jérusalem. […] Pour nous, la présence du feu sacré au service de Pâques est un symbole vivant d’une connexion inébranlable avec le lieu où le Christ est ressuscité. […] Que le Seigneur nous aide, en s’appuyant sur ce pouvoir, à surmonter, y compris les circonstances particulières d’aujourd’hui, en nous fortifiant dans la foi, en bonne santé, en force spirituelle et physique. Amen. »

À l’issue du service, le Patriarche de Moscou a évoqué les églises vidées de leurs fidèles.

« Il y a peu de gens dans le temple. Les gens ressentent vraiment la peur, la peur mortelle. Aujourd’hui, nous nous sommes réunis avec vous dans une petite communauté ici avec la pleine compréhension que les gens ne sont pas venus, non pas parce qu’ils ne voulaient pas, mais parce qu’ils n’ont pas eu une telle opportunité. Et alors ? Et dans ce temple vide, n’avons-nous pas connu aujourd’hui la joie de Pâques – la Sainte Résurrection ? […] De quoi parle-t-on ? Du fait que la grâce de Dieu surmonte toutes les difficultés humaines, toutes les peurs, tous les obstacles et, touchant le cœur d’un croyant. Et parce que nous avons touché cette joie aujourd’hui, souvenons-nous et vivons cette merveilleuse expérience de célébrer Pâques dans la cathédrale vide du Christ Sauveur d’une manière spéciale, face aux épreuves sévères qui ont frappé notre peuple. Je suis sûr qu’après un certain temps, nous nous souviendrons de cette célébration de Pâques comme d’un événement complètement spécial dans notre vie. »

Pensant ensuite au monde, le Patriarche affirme que « notre aide la plus importante est une prière forte, même pour les personnes sans nom, pour tous les affligés, pour ceux qui ont besoin de l’aide divine et du salut » et appelle à élever une prière « sincère ».

Le Patriarche Kirill termine en soulignant l’espérance.

« Avec cette espérance, nous quitterons ce merveilleux temple, dans lequel il n’y avait pas beaucoup de monde aujourd’hui, mais dans lequel un grand miracle s’est produit – la rencontre solennelle du Sauveur ressuscité, qui a rempli nos cœurs de joie pascale, que, selon les Saintes Écritures, personne ne nous prendra (voir Jean 16:22). Le Christ est ressuscité ! Christ vraiment ressuscité ! Amen. »

C’est également en portant l’espérance que s’est adressé le Patriarche de Constantinople.

« Il est difficile de rester humain sans l’espérance de l’éternité. Cet espérance vit dans le cœur de tous les médecins, infirmières, bénévoles, donateurs et de tous ceux qui aident généreusement leurs frères et sœurs qui souffrent dans un esprit de sacrifice, d’abnégation et d’amour. »

Le Patriarche Bartholomée a tenu à préciser que « la présence de la douleur et de la mort, n’est pas la réalité ultime » de ceux qui appartiennent au Christ.

« Le coronavirus a montré combien l’homme est fragile, combien la peur et le désespoir le dominent facilement, combien ses connaissances et sa confiance en soi se révèlent impuissants, combien infondée est l’opinion selon laquelle la mort ne serait qu’un événement de fin de vie et que son oubli ou éloignement soit la bonne façon de la gérer. Nous appartenons au Christ, la présence de la douleur et de la mort, n’est pas la réalité ultime. »

Dans le monde, aujourd’hui, 260 millions de chrétiens orthodoxes ont célébré la résurrection du Sauveur en ces fêtes de Pâques.

La Rédaction

Crédit Image : Creative Commons / Wikimedia-Nesusvet

Tendances

Chaque jour, toutes les infos !

ARTICLES RÉCENTS